Gate

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Message 02 juil. 2017, 17:37

Sebastien Awake
Brony savant
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Ohlalal, je suis de retour avec mes pavés o:
Cette ponette-là a été crée afin d'être une sorte de Némésis à mon oc Paradox pour d'autres histoires, mais je l'aimais tellement que je lui ai crée une petite histoire rien qu'à elle ahah
Informations Générales
  • ~Nom: Gate

    ~Âge: Adulte

    ~Sexe: Jument

    ~Race: mi licorne traditionnelle de Saddle Arabia, mi poney licorne

    ~Talent Spécial: la téléportation

    ~Cutie Mark: une étoile stylisée en forme de spirale, avec une étoiles à quatre branches blanche en son centre et deux étoiles cyan autour.
Description

  • ~Apparence:

    Gate est très grande, plutôt baraquée et un petit peu chubby. Elle possède des sabots de chèvre fendus avec de la fourrure autour, une longue queue de lion et une corne torsadée plus longue que celles des autres licornes.
    Sa robe est gris bleuté, et son crin est bleu marine. Sa crinière est extrêmement longue, elle est attachée derrière sa tête par un ruban cyan. Deux longues mèches tombent devant son visage. Ses yeux sont bleu/violet. Elle met de temps en temps du fard à paupière, et lorsqu'elle travaille, elle porte un chemise à manches-trois quarts avec une jupe de tailleur blanche.
    Image
    ~Personnalité:
    C'est une ponette très ambitieuse, extrêmement travailleuse et sérieuse. Bien que froide de nature, elle ferait tout pour ses deux amis, ou pour sa grand-mère. Elle a une très grande maîtrise de son domaine, et est de bon conseil, lorsque l'on sait s'y prendre pour lui en demander. Elle a une grande lucidité, et sait trouver le moyen le plus simple et efficace de résoudre un problème. Elle gère très bien son temps, et se force à aller à l'essentiel, même si ce n'est pas toujours efficace.
    Elle adore le soleil, et déteste l'eau et la neige. Elle aime les climats arides et les déserts. Sa couleur préférée et le cyan. Elle aime la musique classique, la quiche et les boissons à base d'avoine.

    ~Défauts:
Gate est un poney assez insupportable. Elle n'apprécie pas le contact des autres, et préfère rester dans son coin. Elle garde ses sentiments pour elle-même, et aime être seule. Elle aime bien regarder les poneys de loin, et les utilise parfois pour parvenir à ses fins. Elle part du principe que personne ne peut l'aider, et qu'on réussit mieux, et avec plus de mérite si on est seul. Cela lui vaut de s'attirer souvent des ennuis avec des personnes qui la trouvent très hautaine et insolente, alors que son but est de s’écarter d'eux. Elle ne croit pas en la magie de l'amitié, et voit les relations qu'elle peut avoir avec des poneys plus comme des tremplins que comme des véritables liens sociaux. Elle est souvent trop exigeante avec elle-même, et se prend la tête pour de petites choses.


Histoire

  • ~Origine:
    Gate est née à Vanhoover, mais vit à Canterlot. Son père vient de Ponyville, et sa mère de la Saddle Arabia.

    ~Histoire:
    Mon nom est Gate. Juste Gate, oui. Je suis née à Vanhoover, mais vous savez, ça n’a aucune importance. Le nom, l’histoire de mes parents sont des choses tout aussi inintéressantes. En fait, peu de choses ont de l’intérêt. Les petits poneys ont tendance à s’accrocher à des souvenirs passés, à des lieux, et à tout un tas d’autres petits poneys. C’est probablement ce qui les rend si particuliers, si émotifs, et si étranges à mes yeux. La vie des ces poneys est très ennuyeuse, mais eux le sont moins. C’est amusant de les voir évoluer dans notre petit monde, de les voir galoper partout dans des buts qui m’ont toujours assez intriguée. Je suppose quand même que vous souhaitez en savoir plus sur ma petite histoire personnelle. Soit.

    Donc, après m’avoir donné naissance à Vanhoover, il y a trente-deux années de cela, mes parents sont allés vivre à Canterlot, la ville nordique perdue dans les sommets du Nord-Est d’Equestria donnant du fil à retordre au poil fin de ma mère, adapté aux soleil torride, surplombant les dunes des déserts le plus chauds de la planète. Ah, oui, ma mère n’est pas un poney. C’est une Licorne originaire de la Saddle Arabia, comme tous ses semblables. Elle s’appelle Blanche, possède une robe et une crinière immaculée, de petits yeux bleus et une longue corne torsadée. Mon père s’appelle Wooden Door, est un poney licorne ébéniste gris à la crinière noir de jais, ses yeux, cachés derrière une paire de lunette en or, sont rose vif. Ils se sont rencontrés à Dodge Junction alors que ma mère assistait un réunion de Famille, et que mon père s’occupait d’une commande de groupe qui consistait grosso-modo, à réparer les portes en bois des saloons détruites au fil du temps par des étalons qui sortaient ivres des ces établissements… D’après des amis de la famille, ça aurait été un coup de foudre, ils se sont mariés dans cette petite ville tout droit sortie d’un western bas-budget, et s’y sont installés. Deux ans plus tard, mon père a trouvé du travail à Vanhoover, l’«offre de sa vie», et ma mère l’a suivie. Honnêtement, je ne comprends pas son comportement. Tout le monde sait que les chevaux de Saddle Arabia ne sont pas à leur place dans les pics enneigés. La famille a mis ça sur le coût de leur « amour fou », quoi que ça veuille dire, et personne n’a été choqué. Mes parents ont même trouvé bon de faire un poulain dans ce milieu hostile, alors que ma mère passait sont temps à l’intérieur, dans des pièces surchauffées, enchaînant rhume sur rhume et grippe sur grippe. Ce sont vraiment deux équidés irresponsables. Mais là encore, tout ça n’a pas d’intérêt. Je suis née, et nous sommes tous les trois venus nous installer à Canterlot.

    Ah. La capitale. Une ville énorme, remplie de poneys se ressemblant tous. Ces tours par dizaines, décorées d’ornements du plus mauvais goût, ces rues toujours plus propres, ces pavés qui brisent les fers de joaillerie des duchesses qui se hâtent de dépenser leurs fortunes d’origines inconnues, ces boutiques si symboliques, qui font rêver les plus petits et qui enrichissent les plus grands… ce culte, voué à la Princesse Celestia, cette course pour la cour, et toujours ces mêmes poneys. Je déteste Canterlot. Mais je déteste encore plus les campagnes, ces villes ennuyeuses de Ponyville ou de Dodge Jucntion. J’aurais préféré naître et vivre à Manehattan, mais je n’ai pas eu le choix, évidemment.

    Les premières années de ma vie furent tout ce qu’il y a de plus normal pour une jeune pouliche à Canterlot. Je restais tout le temps à la maison, en attendant d’être en âge d’aller à l’école. J’y ai mis les sabots pour la première fois quand j’ai eu sept ans. C’était plutôt impressionnant. J’étais une petite curieuse et assez énergique, et découvrir ce nouveau monde était vraiment excitant. Le tableau, l’odeur des craies, le livres qui semblaient tout contenir et tout savoir, les tables, les crayons, les chaises… L’école primaire, j’ai vraiment adoré. J’y ai appris les bases, à lire et à compter, et je m’en sers toujours aujourd’hui. Chaque journée était un véritable plaisir pour moi, et j’aurais aimé que ces années durent plus longtemps. Le seul défaut de l’école, c’était les moments de récréation. Je ne pense pas que ça aurait été plus amusant si j’étais allée voir d’autres élèves, d’ailleurs ni eux ni moi n’ont vraiment vu les choses comme ça. Je m’ennuyais toute seule, mais au moins on me laissait tranquille. N’allez pas croire qu’on me rejetait parce que j’étais différente physiquement, avec ma queue de lion et mes sabots bleus. Ni même que je les impressionnais en les toisant tous de vingt bons centimètres. Du moins ce n’est pas ce que j’ai ressenti, et ça ne m’a pas gêné. Les autres ne sont juste pas venus à moi, c’est tout. Je n’ai jamais eu le sentiment que c’était mal, ou que je devais essayer de leur parler. Pour combler mon ennui, j’ai appris à les observer, sans avoir à communiquer. Je m’asseyais dans un coin, et je regardais. Leurs jeux. Leurs discussions. Leurs rires et leurs disputes. C’était drôle de voir comment malgré leurs différences, ils agissaient tous de la même manière.

    Tous les week-ends, je prenais le Friendship Express jusqu’à la Saddle Arabia. Ma grand-mère maternelle m’y gardait chaque semaine. Elle s’appelait Zephira, et, malgré son âge avancé, elle avait tout d’une jument forte et respectée. De grande taille, avec une crinière immaculée coupée mi-long rabattue sur le côté droit, elle était, dans sa jeunesse, une copie de ma mère. Enfin, c’était plutôt l’inverse, mais vous comprenez. Elle était conseillère du prince Haakim depuis l’enfance de ce dernier, et guidait, avec son expérience d’aînée, le jeune souverain dans ses choix. Née dans les bois entourant Equestria, elle avait marché, jeune pouliche, à travers le le pays pour fouler le sable de son pays d’origine. Elle ne le connaissait que par les histoires des anciens, mais, ne se sentant pas à sa place dans son village de licornes, elle était partie le voir de ses propres yeux. Charmée par le royaume du désert, elle y était restée, et y avait rencontré mon grand-père.
    Zephira était très stricte avec moi. Elle n’aimait pas la façon dont mes parents m’élevaient, et s’était donné comme but de me « redresser ». Elle appréciait beaucoup sa fille, mais trouvait souvent ses manières niaises et trop chaleureuses. Ma grand-mère n’avait rien d’une mamie gâteau. Elle me cuisinait des tartes d’avoine fades et souvent trop cuites, mais comme elle le disait, « l’important c’est que ça tienne au corps ». Nous mangions en silence, assises sur des tapis colorés tissés dans la capitale du royaume. Parfois, les tartes étaient accompagnées de thé vert à la menthe brûlant. J’avais peu à parler, chez Zephira. C’est elle qui m’apprenait. Elle me parlait du monde, de son fonctionnement, des poneys, des griffons, des chevaux et des yacks. Elle m’avait appris à optimiser ma curiosité, comme elle le disait. Pour elle, rien ne servait de se fatiguer à chercher des réponses à des questions stupides et sans intérêt. Chaque question devait avoir un but, but qui s’inscrivait lui même dans un objectif plus grand. On pouvait demander pourquoi un certains rois préféraient ne pas se déplacer au front avec leurs troupes, pour en connaître plus sur leur personnalité et pouvoir ensuite guider nos discussions avec eux pour obtenir ce qu’on souhaitait. En revanche, demander à savoir pourquoi les roses sont rouges et pas vertes, c’était une question stupide et sans intérêt, dont la réponse ne pouvait pas être réutilisée et exploitée par la suite. J’avais une grande admiration pour ma grand-mère. C’était une personne d’expérience, qui avait parcouru le monde et conseillé deux princes. Elle était pour moi un mentor, un professeur, un véritable conseiller.

    A neuf ans, j’ai intégré une école de magie. Non pas que la magie m’intéressait particulièrement, mais parce que c’était, et de loin, la plus prestigieuse des filières Equestriennes. Le majeur problème auquel j’ai été confronté, est le fait que je ne peux pas utiliser ma corne. J’ai essayé, pendant le premier trimestre, je passais mes nuits à m’entraîner, mais ne sortaient de ma corne que de minuscules étincelles bleues et rouges, tout au plus. C’était juste impossible. Ma mère m’a dit que cela venait probablement du fait que je suis une hybride ; les Licornes traditionnelles n’ayant pas du tout le même type de magie que les poneys à Equestria, je ne pouvait pas manier la mienne, si j’en avais, de la même manière. Mes parents ont essayé de me convaincre de changer d’école. D’aller dans une filière moins élitiste, de faire du commerce, de l’art, ou je ne sais pas quelle autre bêtise. Grâce à mes excellentes notes dans tous les cours plus classiques, j’étais tout de même très bien classée. Hors de question d’abandonner. J’ai fermé mes écoutilles et je me suis mise à travailler deux fois plus dur. La seule chose qui m’empêchait de majorer, c’était cette foutue magie.
    Malgré mes efforts acharnés, ma corne ne s’est jamais allumée. Malgré les remarques de Zephira qui n’appréciait pas mon affaiblissement, j’ai commencé à perdre espoir. Chaque nouveau test, chaque nouvelle leçon de magie allait pour moi être déjà soldée par un échec. Télékinésie, transmutation, invisibilité, inversion de gravité… moi qui n’étais même pas capable de créer une torche, comment en aurais-je été capable ? Alors, bien évidemment, quand notre professeur de magie a abordé le sujet de la téléportation, je n’ai même pas écouté le cours, je griffonnais juste sur un cahier une caricature du surveillant général. J’ai ensuite observé mes petits camarades pendant qu’ils faisaient des expérimentations avec leur nouveau sort. Les têtes de classe se débrouillaient, mais les autres peinaient. Il s’agissait de téléporter une balle de tennis, posée sur un plateau en argent, vers un second plateau posé à un mètre du premier. J’ai été appelée parmi les derniers, et ça semblait rassurer les moins doués qui allaient observer pire qu’eux. Comme je n’avais rien écouté, j’ai souri sarcastiquement, hoché les sourcils, et j’ai fait semblant de me concentrer sur la balle. J’ai relevé la tête, souri à nouveau vers mon professeur, et j’ai commencé à marcher vers ma chaise. Celui-ci à froncé les sourcils, et m’a demandé de réessayer en prenant garde à mon insolence. Je l’ai très mal pris, je me suis tournée vers lui, et j’ai lâché un gros « Mais foutez-moi la paix, bordel ! ». Ensuite, je ne me souviens pas trop de ce qui s’est passé. Tout est allé très vite. Il m’a demandé de quitter son cours et de me rendre chez le directeur. J’ai fermé à nouveau les yeux, et je crois, d’après les cris de mes camarades, que j’ai du tirer un rayon avec ma corne sur le professeur. J’ai entendu un bruit d’explosion magique, et quand j’ai rouvert les yeux, nous étions, lui et moi, chez le directeur.

    Suite à cet incident, j’ai du changer de classe et de professeur de magie. Je n’ai jamais réussi à faire autre chose que de la téléportation, mais ça m’intéressait tellement que j’ai mis tous mes efforts dans l’apprentissage de cet art. J’étais soutenue par mes parents et par ma grand-mère, qui étaient plutôt heureux de voir que je n’étais pas seulement une bonne à rien, au final. J’ai appris à utiliser ma magie pour téléporter objets et poneys, mais aussi à créer des portails de téléportations reliés entre eux. D’après Zephira, ce talent viendrait de très lointains ancêtres communs aux Licornes de la Sadlle Arabia et à celles d’Equestria. Quoi qu’il en soit, c’est vrai que j’étais plutôt douée.
    Un jour d’automne, nous étions tous en cours théorique de chimie (je n’aime pas la chimie, mais apparemment ça peut être utile. Des fois.), quand le directeur est entré dans la salle. Il avait reçu une télégramme de la préfecture de police interdisant les élèves mineurs de sortir en dehors des bâtiments jusqu’à nouvel ordre. Apparemment, il y avait eu un problème à Cloudstale et une énorme tempête avait échappé au contrôle des poneys-météos. Selon les calculs des météorologues, elle passerait sur Canterlot dans l’après midi. Le vent était extrêmement violent, et avait déjà détruit des bâtiments anciens sur son passage dans les campagnes. Chouette, on allait pas avoir de récréation. La concentration, déjà très basse des élèves, s’est totalement dissipée, et la professeure a laissé tomber tout espoir de les calmer. L’orage a commencé à gronder vers quatorze heures trente. C’était d’abord uniquement des coups de tonnerre. Puis les nuages sont devenus noirs, et lea pluie à commencé. Le bruit des rafales qui harcelaient la cime des marronniers, les éclairs foudroyant le ciel au dessus des toitures du palais des princesses, les gouttes qui mitraillaient sans relâche les vitraux des bâtiments centenaires... C’était une véritable guerre chaotique que menait la cité royale contre cette force folle de rage qu’était la tempête. Les civils étaient tous confinés chez eux, pendant que les gardes du château patrouillaient, en groupe de quatre, serrés les uns contre les autres pour ne pas décoler. Les spectacle effrayant était d’une beauté rare, et j’étais perdue dans mes pensées, lorsque le sol a commencé à trembler sous mes sabots. Des pots en verre sont tombés et se sont fracassé sur le linoléum. Les poneys ont criés en chœur, des équipes de surveillants et de professeurs ont débuté l’évacuation du bâtiment. Les vitres de la salle se sont brisées, et les tables se sont renversées. On a entendu un fracas phénoménal, et on a pu voir dehors les tuiles de l’école se faire emporter par la tempête. Nous étions au sixième et dernier étage du bâtiment A de l’école, et nous devions nous rendre dans le B, plus moderne et résistant, en passant par le réfectoire, situé sous la cour de récréation. La structure menaçait de s’effondrer à tout instant, il fallait agir le plus vite possible. Toutes les classes des niveaux inférieurs se sont retrouvées en sécurité, et nous avons entamé notre descente, encadrés par deux professeurs, et le laborantin. Nous galopions sans jamais nous retourner, parce qu’on nous le demandait, mais surtout parce que nous ne voulions pas voir les pans de mur se décrocher dans notre dos. Arrivés au troisième étage, nous fûmes secoués d’un grand coup par une rafale terrible, et la cage d’escalier s’écroula. Le seul pégase parmi nous était le laborantin, mais il ne voulait pas se risquer à jouer avec ces vents mortels. Les plus sensibles ont fondu en larmes, d’autres hurlaient purement et simplement. Moi même je paniquais. Je ne voyais aucune solution. Enfin si. J’avais une échappatoire. Malheureusement, j’étais le seul poney présent capable de maîtriser la téléportation dans de telles conditions. J’aillais devoir y aller, les autres se débrouilleraient. Au moment ou je m’apprêtais à lancer mon sort, le plafond s’est décroché. D’un seul coup. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je n’aurais jamais fait ça si j’avais eu le temps de réfléchir, mais j’ai décidé de jouer la carte du risque et de téléporter les vingt poneys présents. C’était stupide. Stupide parce que je n’avais jamais téléporté autant de poneys. Stupide parce qu’avec ces conditions atmosphériques les particules pouvaient être balayées à tout moment. Stupide parce que si je ne m’étais préoccupée que de moi-même, j’aurais été sûre de m’en sortir. Stupide, mais ça a fonctionné. J’ai senti une énergie en moi faire des allers-retours de ma corne au bout de ma queue, très vite, trente fois au moins. Un grand boum a retentit, suivit d’un flash, d’un lilas très pâle, qui a aveuglé toute notre petite troupe de rescapés. Nous nous sommes retrouvés dans le hall du bâtiment B. Les pleurs et les discussions cessèrent, et les regards de toute l’école se tournèrent vers le groupe, puis particulièrement vers moi. C’était assez étrange comme sensation. Je n’aimais pas être observée comme ça. Il y eu un nouveau flash. Sur mon flanc cette fois. Comme vous l’avez deviné, c’était ma cutie mark. J’y ai ajouté un coup d’œil rapide, mais j’avais mieux à faire que me contempler pour l’instant. Je me suis effacée dans le groupe, et j’ai suivi les conseils des policiers qui étaient venus pour nous faire évacuer.

    Trois bâtiments au total avaient cédé aux coups de la tempête. Quelques blessés, mais aucune perte. Mes parents étaient très fiers de moi, et avaient voulu le prouver en organisant une cutieañera formidable, mais je n’avais pas d’amis à inviter, donc nous avons célébré tout cela en comité restreint. Ce qui n’était pas plus mal. Contre toute attente, j’ai reçu une lettre de la Princesse Celestia qui m’invitait à une cérémonie pour me décorer, par rapport à l’acte pseudo-héroique que j’avais accompli. Je trouvais ça stupide de me remercier alors que j’avais mis ma vie en danger. Heureusement que tout s’était bien passé, j’avais eu chaud, franchement. Je n’avais pas du tout envie d’y aller pour me donner en spectacle. Ma mère a été surprise, mais a fini par me dire tendrement : « Ma chérie, j’ai du mal à comprendre ton choix, mais il t’appartient. Suis ton cœur. ». J’ai eu du mal à déchiffrer cette dernière phrase, et j’en ai discuté avec Zephira le week-end suivant. Ma grand-mère était catégorique. Elle m’ordonna d’y aller. « Non. Ne suis jamais ton cœur, Gate. Seulement tes ambitions. ». Des ambitions, j’en avais. Je ne les dévoilais pas, mais j’en avais. « Tu ne louperas pas une occasion de te rapprocher de la Princesse Celestia, Gate. ». J’ai regardé la vieille Licorne dans les yeux. Effectivement.
    Comme prévu, ce fut une célébration longue et ridicule, on m’a offert une médaille royale, ça faisait joli dans ma crinière, mais c’est tout. La Princesse a souligné ô combien Equestria m’était redevable, et ô combien elle me remerciait. La vérité étant que la plupart des poneys n’en avaient rien à faire, sérieusement.
    Grâce à mes notes en téléportation, j’ai pu intégrer à dix-sept ans l’ENMVTI (c’est un très long acronyme pour dire École Nationale des Métiers des Voies de Transport Immatérielles). J’y ai étudié la téléportation, bien sûr, mais aussi l’histoire, la géographie, la géologie, la physique quantique, la physique atmosphérique et la géométrie analytique.
    L’école, située en plein cœur de la ville, jouissait de sa proximité avec l’énorme bibliothèque municipale. Le campus était relativement petit, mais j’ai pu m’y installer et ainsi éviter de traîner chez mes parents. C’est fou ce bien-être que l’on ressent lorsque notre vie est dédiée à ce qu’on aime. Mes études ont toujours été l’une des rares choses ayant de l’importance à mes yeux, et comprendre concrètement leur utilité me réjouissait au plus haut point. J’étais première de ma classe dans les matières principales, seules la géographie et la géologie me donnaient encore un peu de fil à retordre, mais pour ça, j’avais des livres pour m’aider. On m’a souvent reproché mon manque de camaraderie, mais lorsqu'on étudie dans ce type d’école, l’entraide est à bannir. Zephira n’en était pas si sûre, mais comme j’ai toujours fonctionné comme ça et que ça ne m’a jamais posé problème, je continuais sur ma lancée. Il ne s’agissait pas d’être mal aimable avec les autres élèves, juste de ne pas se mêler à eux sans raison, et encore moins à leurs histoires. J’y ai cependant lié, pendant mes quatre années d’études, des relations intéressantes avec des enfants de grandes fortunes, ça pourrait toujours servir. Le professeurs m’appréciait pour mon sérieux et ma dévotion, et je leur retournais leur gratitude en relevant leurs challenges un par un. Zephira me l’a dit un jour. Certaines personnes sont née naturellement douées. Elles brillent si elles exploitent leur talent. Les autres doivent se battre pour les atteindre, quel qu’en soit le prix, et c’est ce que j’ai fait pendant mes études, car je ne suis en rien surdouée.
    Je suis sortie major de ma promo. C’était une grande fierté pour moi. D’une part, voir mon travail porter ses fruits était la plus belle des récompenses. D’autre part parce que j’ai été remarquée par L’Agence Royale de Téléportation, qui m’a proposé le poste de chef du service des relations internationales. Cette agence d’État supervise tous les déplacements des poneys importants sur le territoire Equestrien ainsi que ceux de la Princesse et de ministres dans et hors du pays, mais aussi tout ce qui est livraisons exceptionnelles, déplacement en masse des armées, et, c’est ce qui fait le plus parler, communication des services secrets. Je n’avais jamais été aussi fière et satisfaite de moi-même. Évidemment j’ai accepté.

    Je n’ai pas attendu le week-end pour aller annoncer la nouvelle à Zephira, surtout que depuis que j’avais délaissé le Friendship Express pour mes moyens personnels, on va dire, tout était plus facile. Quelle ne fut pas ma surprise de la voir alitée, entourée de domestiques, à mon arrivée. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Une suivante m’a expliqué que ma grand-mère était mourante. Évidemment. C’était logique. Elle se faisait très vieille. Oui c’était logique. Pourtant que ne me suis pas du tout sentie bien à ce moment, et je suis sortie prendre l’air. Je suis revenue deux heures plus tard. Zephira semblait contente de me voir. Je lui ai expliqué ma situation, ce à quoi elle m’a simplement répondu « C’est bien, Gate. C’est très bien. Mais tu peux aller plus plus loin. Tu pourras toujours aller plus loin. Après tout, c’est ton métier à présent. ». On m’a ordonné de m’écarter et je suis rentrée. Ma grand-mère s’est éteinte trois jours plus tard. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie vraiment très mal. Et j’ai fondu en larmes. J’étais énervée contre moi-même, contre ma faiblesse, contre les autres, contre la mort, mais j’étais surtout très triste. Elle a eu droit à d’humbles obsèques comme elle le désirait. Je suis venue, mais le cœur n’y était pas. Je n’arrivais pas à croire qu’elle était partie, mais à la fois, je ne me comprenais pas. Je ne devrais pas pleurer. Ce n’est pas ce qu’elle aurait voulu, parce que pleurer, c’est inutile. Ce que voulait Zephira, c’était que j’aille plus loin. Soit. J’irais plus loin. Peut-importe ce que je dois faire pour cela, je lui rendrai hommage en veillant à me surpasser. A être plus forte, plus puissante, et moins émotive. En étant plus sage et plus raisonnée. Ma grand-mère était pour moi un modèle, mais mon véritable but était désormais de la surpasser. Oui, c’est cela qu’elle souhaitait.

    Travailler pour l’A.R.T. était, et est toujours pour moi, un vrai bonheur. Avoir autant de responsabilités, rendre service à la royauté, aller sur le terrain, jouer un rôle dans les conflits, ça, c’est intéressant. Les autres cadres étaient tout aussi doués en téléportation, et me mesurer à eux était un honneur. J’ai été amenée à travailler avec tout un tas de poneys, mais deux m’ont vraiment marqués : Key Code, une licorne de cinq ans mon aîné, d’un taille moyenne mais baraqué, avec une robe argent et une crinière violet foncé, chef des fameux services secrets, et une terrestre blonde au crin rose pâle, Vanilla Butter, ma jeune secrétaire. Ce que j’aime chez eux, c’est cette proximité, cette facilité que l’on a à se comprendre. Nous savons très bien comment nous raisonnons tous les trois, et nos personnalités similaires nous aident à mieux travailler ensemble. Je pense même que nous sommes amis. Ce n’est pas si stupide que ça l’amitié, au final. Ça n’a rien de magique, mais ça peut être utile, si on choisit bien ses amis. Nous nous sommes soutenus mutuellement tous les trois, et nous continuerons à le faire. Je ne sais pas si Zephira aurait apprécié que je me fasse des amis. Mais l’amitié est un moyen comme un autre d’obtenir ce que l’on souhaite, et d’atteindre nos objectifs. Et tant pis si pour cela il faut créer des liens avec d’autres personnes.

    J’étais connue dans l’agence pour ma froideur, mais aussi pour la qualité de mon travail. Le directeur en chef, Falling Hawk, une licorne brune à la robe café tellement grand qu’il me dépassait de quelques centimètres, le savait très bien. Celui-ci, cinq après mon arrivée dans l’agence, m'avait choisie comme adjointe. Moi, et une autre poney, une licorne du nom de Voilage. Ce n’était pas son vrai nom, mais tout le monde l’appelait comme ça. Il était borgne, et était un ancien espion de l’armée de la Princesse Celestia. On l’appelait ainsi à cause de ses mèches blanches qui cachait son œil manquant et une grande partie du reste de son visage. L’avoir comme collègue était très étrange, même pour moi. L’avantage, c’est qu’il était taciturne. Il restait dans son coin, tout comme moi. En revanche, quand il ouvrait la bouche, c’était pour râler, et contester mon travail. Si travailler avec lui ne me posais pas de problème au début, lui me détestait. Il me le disait d’ailleurs. « Je te déteste Gate », qu’il me sortait quand je lui montrais un de mes rapports, et que pour lui, tout était à refaire. Ce qui m’énervais le plus, c’est que Voilage me manipulait, et montrait à Hawk mes rapports après les avoir critiqués, en clamant qu’il s’agissait du fruit de son travail. Le chef était très satisfait, et moi, ça me faisait sortir de mes gonds, attitude désapprouvée par Hawk. Malgré nos désaccords et mon comportement pas toujours adequat, Falling Hawk nous as gardés tous le deux comme adjoints. Jusqu’au jour où il a annoncé son départ à la retraite. Et que Voilage avait été choisi pour succéder à son poste.
    Non. Non, juste non. Non. Ce n’est pas comme ça que ça devait se passer. Je devais être directeur. Pas cet espèce de vieux lessivé par la guerre. Pas cet insupportable imbécile. J’étais beaucoup plus rigoureuse et intelligente que lui. J’étais meilleure et bien plus qualifiée. Je savais diriger une équipe de la même poigne de fer que Falling Hawk. C’était mon travail qu’il appréciait, pas celui de Voilage. En plus, j’allais devoir être son adjointe. Nan mais oh. Vanilla Butter et Key Code étaient tout aussi indignés. Nous avons organisé une réunion de crise près de la machine à café. Je devais obtenir le poste, coûte que coûte. S’il y avait quelque chose à faire pour monter en grade, je l’aurais fait. N’importe quoi. Nous avons réfléchit tous les trois pendant une bonne heure. Voilage était un ancien espion militaire. Il ne parlait jamais de son passé, même à Key Code, qui pourtant connaissait un important nombres de secrets d’État… La licorne grise nous le dit, s’il lui disait rien c’est qu’il avait quelque chose à cacher. Des crimes de guerre peut-être. Ou des histoires noires. Après tout, c’était un espion. Il devait bien avoir de la torture ou du viol sur la conscience, ou encore du sang sur les sabots, même si toutes ce pratiques étaient interdites à Equestria. Il avait été chargé de récupérer les messages secrets que s’échangeaient les rebelles indépendantistes pendant la guerre civile de Trottingham, trente-cinq ans auparavant. Nous décidâmes tous les trois de nous y rendre.
    La ville n’était pas très grande. Cependant, il nous fallait agir avec discrétion. Key Code nous avait dégoté le noms des familles d’anciens rebelles que nous voulions interroger quant à d’éventuels débordements d’espions. La plupart ne voulait pas nous recevoir. D’autres avaient déménagés. De manière générale, les habitants de Trottingham étaient passés à autre chose, et n’avaient pas franchement envie de se remémorer les violents conflits du passé. Nous n’avons pas pour autant relâché nos efforts, et nous sommes finalement tombés sur une petite ponette pégase du nom de Swift Cotton. Elle était très âgée, et son fils, aujourd’hui décédé, était bel et bien un ancien rebelle. Elle se souvenait très bien de Voilage, qui avait débarqué chez elle comme une furie, l’avait matraquée avant de se charger de son fils, et de lui arracher des informations en le torturant, accompagné d’un autre espion Equestrien.
    Un témoignage comme ça, ça semblait trop facile. Swift Cotton était rassurée de savoir que certains poneys essayaient de rendre justice à sa famille, mais elle n’avait pas envie d’être mise en lumière, et refusait de coopérer. Cependant, il me fallait des preuves… en j’en vins à lui demander ce qu’elle voulait en échange. La pauvre petite dame souhait pouvoir faire rénover sa masure avant de s’éteindre, mais n’en avait ni la force, ni les moyens. Nous mêmes n’étions pas capable de réparer une maison, dont il nous fallait trouver de l’argent. Vous vous souvenez, de mes riches contacts de l’ENMVTI ? En fait, pendant mes années d’études, j’avais fini par céder et leur filer un coup de sabot pendant certains tests. J’avais fait leurs devoirs et écrit leurs textes d’oraux, ce qui leur avait permis de sortir très bien classés. Ils avaient toujours une dette envers moi. De retour à Canterlot, je les ai contactés, et quelques uns ont donné des réponses positives. J’ai réussi à récupérer assez d’argent pour les travaux, et la Swift Cotton a accepté de parler, devant la Princesse et les juges. Le voil(age) était levé. Bien évidemment, un tel criminel ne pouvait pas rester haut fonctionnaire, et il a été incarcéré à Tartarus. Comme par hasard, c’est moi qui ai pris sa place.

    Depuis, je suis Directrice de l’A.R.T. Je suis celle qui supervise tous les déplacements officiels des Princesses Celestia, Luna, Cadance et Twilight. J’en suis très fière, même si je préfère rester dans l’ombre. Tout cela n'aurait jamais été possible sans Zephira, cette grande dame qui a joué un rôle si important dans ma vie. Et, je dois l’avouer, sans l’aide de mes amis, Key Code et Vanilla Butter. Ce sont des vrais soutiens, bien plus que de simples outils, je le comprends à présent. J’ai accompli pas mal de trucs au cours de ma vie. Mais je sais que je pourrais faire mieux. Je ne suis toujours pas à la hauteur de ma grand-mère, même si je suis plus près de mon but que je ne l’ai jamais été. Quand j’aurais accompli mon devoir, peut être souffler. Pas sûr que j’en trouve l’envie en réalité. Car, s’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que je pourrais toujours aller plus loin.


    ~Famille et Amis:
    Wooden Door : C'est le père de Gate
    Blanche: la mère de gate
    Zephira: la grand-mère maternelle de gate, son mentor et son modèle
    Key Code: son meilleur ami
    Vanilla butter: son amie et secrétaire
    Voilage: un ancien collègue qu'elle déteste
Membre inactif depuis septembre 2016.

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